World tour au peigne fin

Suivez les Analyses de docteur Vico après le WCT de snapper/kirra

L’ÉCHELLE DU WORLD TOUR: LE CLUB DES 4

3ièmes

MICHEL BOUREZ
3ème place exemplaire pour un Michel visiblement en paix, heureux, et dont les priorités ont changé depuis l’arrivée de son fils. La capacité de Michel à faire des trous dans l’eau n’a jamais été un secret, cependant depuis Santa Cruz, le Tahitien semble avoir trouvé la formule gagnante. Hanté pendant longtemps par une grosse tendance à “l’overpower” ou surpuissance, Michel a su conserver et faire évoluer cette puissance en la nourrissant de vitesse, de rebonds, de relâchements, et de respirations. Aucun surfeur dans l’histoire de l’ASP n’a été aussi intelligemment puissant: Michel allie une incroyable force brute à une gestion des appuis et du rebond d’une rare finesse. La connaissance quasi instinctive de ses Firewire a été un apprentissage long et chaotique, – tant et si bien qu’elles étaient même suspectées lors de ses contre-performances – mais il semblerait que cela ait payé et qu’il contrôle désormais parfaitement ces outils si particuliers à surfer. Esprit, corps, matériel et trajectoires en parfaites conditions, Michel sait tout faire et peut raisonnablement viser le Titre s’il continue ainsi.

Un début de saison qui donne le sourire au Tahitien…mais pas encore de victoire sur le tour…Photo: ASP

MICK FANNING
Dans une forme dévastatrice, Mick était tout à fait à même de remporter cette épreuve pour la 3ème fois. Une montée en puissance tout au long des Tours (plus bas score à plus de 15pts), pour “peaker” en demie, Fanning se fait sortir avec un total proche de la perfection par la magie habituelle de Kelly dans une orgie de tube sur Kirra, spot qu’il connaît mieux que tous. Statistiquement, deux des trois surfers les plus en forme de l’épreuve (Kelly, Michel et Mick ayant gagné toutes leurs séries, pas de R2 ni R5) auront échoué aux portes de la finale. Pas de regrets ni remords, car la performance fut impeccable, et dans des conditions aussi rares que magiques, atteindre la finale n’était qu’une raison officielle de se gaver à deux une demie heure de plus. Mick est parfaitement préparé, a ajouté un peu d’épaisseur à ses planches et s’il n’a pas pu décrocher une 3ème victoire à la maison, alors il risque fort de le faire sur Bells.

Une 3ième place qui dans le course au titre lui fait prendre juste un peu de retard sur les deux autres…photo: ASP

le 2nd

JOEL PARKINSON
Pour citer Camus, “le charme est une manière de s’entendre répondre “oui” sans avoir posé aucune question claire”… Pour Parko, les “oui” sont des scores d’excellence qui tombent grâce à la classe et la facilité qu’on lui connaît (40% des meilleurs scores sont les siens, dont deux 10pts). Après une victoire à Newcastle et une seconde place à la maison, l’autre local de l’étape, lui aussi à la recherche d’un 3ème trophée sur son spot, sera passé par tous les Rounds de cette épreuve, et semble toujours porté par le nuage de son récent sacre; l’euphorie semble donc lui porter chance et l’aide à avancer sans peine, mais la vraie question est de savoir si cela va durer. Après tant d’années à attendre sa première place, je ne serai pas surpris de le voir souffrir d’un syndrome de “retour de Titre” en pleine saison et de ne pas réussir à répéter sa formule gagnante. Ni son surf, ni sa préparation sont à mettre en cause, mais tout Champion le dira aisément: le plus dur n’est pas de devenir Champion du Monde, mais de le rester.

Malgré un petit faux départ, Parko a été l’auteur de 40% des meilleures notes de la compétition, dont deux 10 s’il vous plait…Photo: ASP

Le 1er

KELLY SLATER
Si une chose est sûre pour 2013, c’est que Kelly va se battre pour son 12ème titre. Le fait d’avoir “sêché” l’épreuve du Brésil l’an dernier lui aura très certainement coûté son titre, qui plus est en échouant à si peu de points derrière Parko. C’est une erreur, et Kelly ne tolère pas l’erreur. Aucun surfeur du Tour n’a l’esprit plus compétitif que Kelly et, au regard de sa préparation de heat, sa méticuleuse stratégie d’observation des conditions, son expérience sur toutes les étapes et ses planches magiques. J’ai du mal à voir ce qui pourrait lui barrer la route. Après une saison 2012 marquée par une inhabituelle désinvolture, Kelly est plus que jamais motivé pour revenir en force à ce qu’il sait faire le mieux: la domination écrasante. Humiliant le reste du Tour avec plus de 17,5pts de moyenne par série sur Snapper, cette saison 2013 s’annonce bouillante.

Il vise le 12ième, c’est clair, net et toujours aussi impressionnant! Photo: ASP

Mon classement après Snapper (hors Wildcards)
 
1: Kelly – 2: Mick – 3: Michel – 4: Julian – 5: Parko – 6: John John – 7: Jordy – 8: Alejo – 9: Taj – 10: Owen – 11: Seabass – 12: Jérémy – 13: Nat – 14: Wilko – 15: Adriano – 16: Medina – 17: Kolohe – 18: Toledo – 19: Bede – 20: Travis – 21: Buchan – 22: Kerr – 23: Raoni – 24: Melling – 25:Dusty – 26: Simpson – 27: Kai – 28: Pat G – 29: Hall – 30: Perrow – 31: C.J – 32: Tiago – 33: Damien – 34: Cardoso
Prochain rendez-vous à Bell’s dans le Victoria d’ici trois semaines…

L’ÉCHELLE DU WORLD TOUR: LES 9 ET 5 IÈMES

Les 9 ièmes, 12 000 dollars et 4000 points

JEREMY FLORES
Bien que gêné par des difficultés de planches en début de compétition, Jérémy a réussi, à son habitude, à construire des séries intelligentes, planifiées. Une évolution notable de son surf dans les domaines de puissance et de l’engagement font que ses stats de moyenne de série sont en constante évolution. Cependant, il manque parfois un peu de cette spontanéité que l’on a pu apercevoir au Tour 4 avec ce one-footed layback snap off the top pour que Jérémy titille plus régulièrement les totaux supérieurs à 16pts, qui sont chasse gardée du Top 5. Souffrant de la comparaison avec la puissance de Michel au Tour 5, Jérémy se fait rattraper par la frustration et l’explosivité de son caractère et finit de se saborder en montrant un langage corporel qui ne plaît jamais aux juges. Jérémy est de loin l’un des meilleurs stratèges du Tour, mais à trop vouloir tout maîtriser, il tend à s’enfermer dans un modèle de surf souvent très bon, mais trop rarement excellent. Il est certainement risqué de sortir d’une zone de confort à 15pts, cependant plus de “lâcher prise” et de spontanéité devraient lui ouvrir les portes des finales.

Voilà le genre de turns qui fait grimper l’addition de Jérémy et qui lui permettra d’entrer pour de bon dans le club très fermé du top 5. Photo: ASP

ADAM MELLING
Navigant entre les tours avec de petits scores et le forfait opportun de John John, l’Australien s’offre une 9ème place incroyablement facile. Doté de l’un des meilleurs enchaînements bottom-top du WCT, Melling ne se sera mis la pression et n’aura véritablement surfé qu’une série sur cinq, ne faisant l’effort qu’au second tour, montrant son surf incroyablement précis, forgé sur les longs pointbreaks des spots de la GoldCoast, contre un Damien Hobgood en dilettante. Après une victoire à Sunset et une place de second à Burleigh, l’Australien est en forme et risque de réitérer une bonne perf sur le prochain pointbreak de Bells.

BRETT SIMPSON
Simpo, à l’instar d’un Pat Gudauskas, ne bénéficie souvent pas des résultats reflétant son réel niveau. Un excellent premier tour laissait pourtant présager d’un nouveau départ pour le Californien, qui dominait sa série avec le surf qu’on lui connaît: précis, dynamique et varié, il enchaînait d’excellent turns avec contrôle et rapidité. Mais ses scores, comme trop souvent, se sont affaissés au fur et à mesure des séries pour s’écrouler autour de la moyenne. Trop souvent Brett ne trouve pas de bonne seconde vague, et rentre dans la facilité d’un surf moribond et académique, sans éclat ni folie. On est bien loin de l’excellence et du feu qui l’animaient quand il était sur le chemin de la qualification en 2009-2010. Là encore, un surfer qui sait et peut tout faire, il lui faut juste le mode d’emploi pour faire fonctionner la machine plus régulièrement.

TRAVIS LOGIE
Malgré une solide -et salvatrice- troisième place sur la droite de Santa Cruz, certains s’étonnaient encore de voir Travis performer backside. Son attaque de dos lors du premier tour devrait être inculquée à tous les aspirants au haut niveau. Être capable de “hooker” ses turns entièrement sur le rail, et d’en sortir avec vitesse et contrôle est d’une difficulté inouïe, bien plus compliqué à gérer que de faire déraper le tail. La technicité des appuis et trajectoires de Logie a permis aux juges d’imposer une échelle d’excellence, que peu de gauchers ont réussi à atteindre. Très intelligent en série, le Sud Africain souffrait depuis pas mal de temps d’un certain complexe d’infériorité, qui espérons-le va rapidement s’effacer au regard de ses scores et de son tableau de chasse.

Le tombeur des têtes de série, un Travis Logie très en forme sur cette première étape. Photo: ASP

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Les 5ièmes, 14 500 dollars et 5200 points

TAJ BURROW
Le parcours du Ouest-Australien se sera arrêté dans une série plus que morne contre Michel, avec des totaux dépassant difficilement la moyenne. 2012 était la première fois depuis 2005 que Taj finissait hors du Top 5 et, au regard du nombre de clips qui inondent le net sur sa préparation physique, mentale, matérielle, alimentaire…il est fort à parier que Taj veuille revenir en force. Mise à part quelques erreurs de gestions de séries de-ci de-là, “T.B” a une fois de plus démontré tout l’éventail de son surf, jonglant entre les répertoires avec brio et assurant des réceptions plus que compliquées sous pression. Pro sur sa préparation, toujours aussi enthousiaste et très confiant sur chacune des étapes du Tour, sans oublier l’ajout de sa vague préférée en étape sur Bali, il serait stupide de compter Taj en dehors du Top 5 cette saison.

Le fait que Taj ne gagne pas sur la Gold Coast n’est ce pas de bonne augure pour son énième quête du titre mondial? Photo: ASP

JULIAN WILSON

Les saisons s’enchaînent et Julian s’affirme comme l’un des surfeurs les plus complets et techniques du Tour. Réussissant à frapper chacune des sections avec le parfait tempo, l’Australien imposait sur chacune de ses vagues un rythme basé sur l’excellence de ses appuis et trajectoires au bottom, le projetant chaque fois avec précision sur les zones idéales, lui permettant variété, timing de réalisation et maîtrise dans ses transitions d’appuis. Éliminé avec les honneurs en Quarts par le premier 10pts de Parko, Julian dispose désormais de l’expérience, l’entourage et la préparation pour espérer mieux qu’un TOP 9 finish.

Tomber face à Parko à Kirra, c’est tomber avec les honneurs surtout quand le champion du Monde tutoie la perfection. Photo: ASP

BEDE DURBIDGE
Bede is back ! Après deux saisons lamentables sur le plan sportif car plus consacrées à sa vie personnelle et familiale, il semblerait que l’Australien ait intelligemment changé sa stratégie et s’autorise finalement à respirer en série, s’amuser, pour espérer revenir dans le Top 6 auquel il a appartenu durant 4 saisons consécutives. La difficulté est qu’entre temps la nouvelle génération a débarqué et que la concurrence est devenue bien plus féroce. Bede sait absolument tout faire très bien, mais malheureusement n’excelle dans aucun domaine. Étant virtuellement impossible de vouloir progresser dans un des domaines du surf en plein cours de saison, sa seule façon de rester dans le haut du classement va donc résider dans son expérience, son mental, sa stratégie et sa gestion de la pression.

Le retour en forme du White Fidjian? Cela nous plait! photo: ASP

MATT WILKINSON
Une fois encore une bonne perf de Wilko sur une droite après sa finale inespérée de Santa Cruz. Il se paie la tête du tout récent champion du Monde sur son home spot au premier tour grâce à un surf backside agressif et maîtrisé. Inférieur aux gauchers tels que Buchan, Otton ou Wright sur le plan rythmique des manoeuvres, Wilko se rattrape grâce une impressionnante variété du même turn, montrant un contrôle insolant sur ses blowtails et ayant de loin le meilleur off-the-lip to reverse du Tour. Parcours impeccable donc pour Wilko, qui s’incline en Quarts contre Mick dans une série où la sélection des vagues importait plus que les manoeuvres.

Le surf backside de Wilko avait déjà fait sensation l’année dernière, mais ne lui permet pas encore de bousculer la hiérarchie du spot. Photo: ASP

L’ÉCHELLE DU WORLD TOUR: LES 13IÈMES

La suite de l’analyse de Mister Vico…

JOHN JOHN FLORENCE
Un Round 1 au surf rythmé, fluide et varié, JJF brille de facilité et de contrôle là où le reste de l’humanité semble peiner. Un premier tour exemplaire, sans pour autant trop forcer, qui laissait déjà présager un accès aisé aux phases finales, si seulement son parcours n’avait pas été prématurément stoppé par une contusion à la cheville lors de la sempiternelle kermesse aux blessures que sont les expressions sessions, fournisseur officiel des injury wildcards chaque année. Logiquement sur pied pour Bells, Double John risque de faire mal.

GABRIEL MEDINA
Un Medina visiblement diminué après s’être blessé à la cheville lors de son insolente performance du Round 1. Un surf beaucoup plussoft et une attitude moins “guerrière” qu’à son habitude traduisent que le mental n’y était pas lors de son second passage, certainement déchiré entre l’idée d’une possible contre-performance et celle d’une blessure potentiellement handicapante pour la première moitié de saison. Prompt rétablissement à Gabriel, qui ne tardera pas à reprendre son rôle de distributeur de combos lors des prochaines étapes.

Un peu décevant notre virtuose brésilien, mais tout le monde sait qu’il préfère les gauches pour mettre les autres combo. Photo: ASP

KAI OTTON
Auteur d’un début de compétition très correct avec quelques très bonnes manoeuvres, dont un très bel engagement sur les premières sections, Kai n’a été que le reflet de lui même durant son duel contre Jérémy, sensiblement plus lent, fatigué, ses turns avaient moins de panache et sa gestion de série moins solide que lors des premiers tours. La plupart des bonnes opportunités de vagues étant trustée par un Mimi dominant, Kai termine avec une avant-dernière place décevante.

FILIPE TOLEDO
Le jeune Brésilien a su montrer avec brio toute l’étendue de son talent lors de cette première épreuve de la saison. Majoritairement connu pour son expertise dans les airs, Filipe a surfé avec puissance, rythme et beaucoup d’intelligence dans le choix de ses trajectoires, montrant une finesse et une capacité d’adaptation aux vagues et à ses adversaires très mature. Avec un tel potentiel, les seules incertitudes quant à sa saison restent ses capacités dans le gros, et sa délicate gestion de l’horripilante omniprésence braillarde de son père.

JOSH KERR
L’ancien local de Snapper n’a pas vraiment brillé cette année, avec un surf tout juste propret, sans accrocs ni folie, sans cet élément qui rend son surf habituellement spectaculaire. Désormais résidant en Californie du Sud, Kerrzy semblait hors tempo sur son ancien homespot, peu confiant sur son choix de vague, trop safe sur ses manoeuvres, privilégiant bizarrement le contrôle à la spontanéité qui le caractérise. Ses meilleurs résultats ayant été récemment sur des vagues creuses et puissantes (Peniche/Pipe WCT +WQS), peut-être avait-il besoin de cette épreuve pour remettre ses compteurs à zéro et repartir pour une bonne saison dans le Top 10.

Pas d’envolée spectaculaire pour Josh Kerr sur son ancien home spot, là où il a remporté nombre de airs show. photo: ASP

SEBASTIAN ZIETZ
Seabass, s’il continue avec le même état d’esprit, peut aisément finir dans le TOP 10 dès sa première année. Le jeune Hawaiien maîtrise absolument tout le répertoire du surf, excelle dans le carving surfing, domine les airs les plus compliqués et dompte le gros et creux. Contrairement à tous les rookies des précédentes saisons, Seabass n’a pas eu le temps d’être gonflé par les médias, il est resté très discret jusqu’à sa qualification et victoire de la Triple Crown. Peu ou pas de pression pour un surfer qui semble donc s’amuser, prendre toutes les vagues qui lui plaisent et avance donc sans stress dans ses heats. À une époque où tous les vétérans choisissent de “lâcher la pression” en série, et les rookies de décevoir lors de leur première année (Kolohe, Jordy, Dusty), l’attitude de Seabass est vraiment rafraîchissante et risque de payer vite.

ALEJO MUNIZ
Avant-dernière place aussi illégitime que son parcours fut exemplaire, pour très certainement le plus sous-estimé, discret et complet des Brésiliens. Alejo a écrasé son premier tour avec classe et se fait pousser hors du Tour 3 malgré le second meilleur total de toutes les séries du Round. À l’instar d’un Seabass, Alejo excelle partout, un surf puissant et contrôlé, beaucoup de précision dans ses prises de rail au bottom et lors des carves, ainsi qu’une excellente capacité à relâcher ses appuis pour terminer ses manoeuvres avec vitesse et contrôle. Attendez-vous à le voir de plus en plus proche des phases finales cette saison.

DANE REYNOLDS
Animé par une motivation bien plus visible qu’à son habitude, Dane a de nouveau fait le spectacle. Ses enchaînements compression au bottom / explosion sur le lip lors des manoeuvres de fermeture de vague sont effrayants de puissance et de précision. Il n’a hélas pas son égal sur le Tour, et c’est élément de surprise, de maestria qui font de lui le freesurfer le plus dangereux du Tour. Beaucoup moins de déchets qu’à son habitude lors de ses séries, Dane était visiblement bien parti pour à nouveau en soucier plus d’un, s’il n’avait pas été arrêté par un flat de 15mn dû à call plus que discutable de lancer sa série dans des conditions de marée très aléatoires. Il ne nous reste désormais plus qu’à nous préparer à l’arrivée au pic de dizaines de wannabe surfers fortunés avec son nouveau modèle de planche…

Vous retrouverez certainement Mister Dane au Quik Pro France…il aime ce statut de wildcard et freeman. photo: ASP

DUSTY PAYNE
Compétition en demie teinte pour l’Hawaiien quand on connaît l’étendue de son niveau. Seule sa meilleure vague contre Owen reflétait la vraie nature de son surf: puissance, précision, rebond et vitesse. Le reste de ses séries a été très irrégulier, avec beaucoup de doubles/triples appuis, de prises de rails hasardeuses et de trajectoires coupées ou avortées, sans réel projet. Après 3 saisons à camper dans la zone de requalification et de nombreuses blessures, il est temps pour l’Hawaiien de dresser ses priorités et gagner en régularité s’il veut se réaliser -aussi- en tant que compétiteur.

JORDY SMITH
Un peu comme Alejo, Jordy n’a pas grand chose à se reprocher sur cette étape, mise à part tomber contre Travis Logie. Un surf qui frise l’excellence, des trajectoires et des changements de rythme méticuleux, des prises de rail et des relâchements à la précision chirurgicale, le Jordy 2013 va faire des dégâts. Après avoir essuyé pas mal de plâtre sur ses deux premières saisons, le Sud-Af’ a eu l’intelligence de remplacer l’arrivisme par l’expérience et, gagnant en connaissance, en adaptabilité, Jordy semble plus stable et dispose d’excellentes planches pour attaquer 2013, et pourquoi pas transformer sa seconde place de 2010 contre un titre de Champion du Monde en 2013.

C’est encore une fois l’absent de marque des phases finales, Jordy aurait il perdu l’habitude d’évoluer dans le top 10? photo: ASP

C.J HOBGOOD
Des scores en baisse constante depuis le premier round auront eu raison du Floridien. Le surf dynamique, puissant et incisif des premières séries laissant progressivement place à une succession de manoeuvres et trajectoires manquant de punch, d’agressivité. Tout comme son jumeau, pas de grands résultats sur les dernières saisons à Snapper, donc pas de surprise pour le vétéran, qui sur Coolangatta donnait l’impression de venir faire le boulot sans grande envie.

NAT YOUNG
Baptême du feu réussi pour le jeune goofy Californien, qui a su monter en puissance tout au long de son parcours. Il butte finalement contre un Fanning on fire dans une série qui aurait pu aisément pencher de son côté. Ayant fait ses classes sur Steamer Lane, le rookie a développé un surf backside excessivement technique qui pourrait rapidement détrôner Ace Buchan dans le rôle de maître-étalon sur le tour. À tout juste 22 ans, Nat arrive à combiner la précision métronomique de Buchan aux tricks, variations et tailblows des Wright et Wilko. Travailleur, bien entouré et aussi très à l’aise dans le répertoire moderne sur son côté frontside, Nat risque de rapidement bousculer la hiérarchie des gauchers sur le Tour. Nat YOUNG: retenez ce nom.

(cette après-midi le haut du classement en deux parties!)

L’arrivée d’un surfeur comme Nat fait prendre un coup de vieux aux goofy seniors. Photo: ASP

LA HIÉRARCHIE DU WORLD TOUR: LES 25IÈMES

LES 25 IÈMES…LA BASE DE LA PYRAMIDE

Il y a les abonnés de bas de classement, les mauvaises perfs de favoris, les invités de dernières minutes pris de court…voici les éliminés du second tour passés au crible par Vico

ADRIANO DE SOUZA:

Dernière place inhabituelle à Snapper pour De Souza, qui ne reflète en rien son niveau, bien au contraire. Auteur d’une solide performance au Tour 1 (17,1pts), il se fait éjecter par un Travis Logie qui se surprend lui même. Dane Reynolds met fin à son parcours dès le second Tour dans une série qu’il avait pourtant menée dès les premières secondes avec un solide 9,1pts. Le surf d’Adriano a gagné en fluidité, en prise de rail et en conduite de courbes.Toujours au point sur sa préparation matérielle et physique, une volonté évidente “d’assouplir” son surf, ajoutée à cette défaite qui a très certainement piqué son ego…attendez-vous à des étincelles d’abord à Margaret River qui risque d’être son épreuve de revanche puis sur Bells.

Victime surprise d’un impressionnant Travis Logie, le Brésilien était plus habitué aux phases finales sur la Gold Coast. Photo: ASP

WILLIAN CARDOSO:

Auteur de solides victoires sur le circuit WQS, le puissant Brésilien rôde autour de la qualification depuis déjà quelques saisons et entre et sort sur les WCT au gré des blessures des ténors. Une fois de plus, un parcours express pour celui qui est affectueusement surnommé “Panda” (oui oui c’est vrai). Un surf aussi puissant que monobloc et peu varié. Sur Snapper il n’a su montré que très peu de flow, de lien (linking) entre les manoeuvres, compensant son manque évident de légèreté par un excellent contrôle de ses manoeuvres. Willian est sans conteste un excellent surfeur, mais va devoir rapidement revoir -et affiner- ses gammes s’il espère appartenir au Top 34 autrement qu’en tant qu’intermittent du spectacle.

OWEN WRIGHT

Dernière place catastrophique pour l’un des meilleurs backside surfeurs du Tour. Owen avait atteint les Quarts l’an passé sans difficultés, grâce à un surf précis, varié et incroyablement technique. Le surf backside de l’Australien prend toute son ampleur quand la vague est soit grosse avec des sections qu’il peut exploiter avec un contrôle hallucinant, ou au contraire plus petite mais longue, alors il gagne en rythme, en puissance, en vitesse et en radicalité tout son long. Malheureusement pour Owen, pas de pareille opportunité dans son heat contre l’hawaiien dans des conditions hasardeuses. Mauvais surprise donc, après sa victoire dans des conditions étrangement similaires à Burleigh Heads en début de saison mais rien d’alarmant pour Owen dont le surf n’est pas à remettre en question.

Owen Wright, une autre tête de série tombée dès le second tour…photo: ASP

RAONI MONTEIRO

Si l’on observe la carrière en dents de scie du Brésilien, on s’aperçoit qu’il performe le mieux après un échec, une difficulté, une perte de sponsor ou une blessure. Ses deux bons résultats sur Peniche et Santa Cruz l’an dernier arrivaient dès son retour à la compétition après sa blessure lors du Fiji Pro. Raoni est un vétéran du tour, plus connu pour son profil de chargeur mais également parfaitement à l’aise avec le répertoire moderne sur les vagues de taille plus humaine. Sur Snapper il a cependant surfé sans réel éclat, la passion qui transpirait de son surf en Automne dernier semblait s’être un peu étiolée, et son choix de vague paraissait bien pâle comparé à Jérémy durant leur série. Surf tout juste “correct” + choix de vague “moyen” = scores insuffisants et donc une dernière place. Le power surfing de Raoni peut faire des dégâts sur Bells s’il y trouve la bonne vague, et ensuite s’enchaînent une épreuve à la maison et 3 épreuves (Fiji/Bali/Tahiti) sur les vagues creuses qu’il affectionne. Comme dit en ouverture, une défaite attise généralement son mécanisme de performance…affaire à suivre.

TIAGO PIRES

Requalifié d’extrême justesse pour 2013, et n’ayant jamais fait mieux que 21ème sur le classement final, Tiago doit donc aborder sa sixième saison sur le Tour avec un délicat mélange d’incertitude et de placidité. L’incertitude de véritablement correspondre aux exigences du Tour, aux manoeuvres et trajectoires toujours plus explosives; et la placidité de connaître toutes les étapes du Tour, d’avoir son entourage, d’excellentes planches et ce genre d’habitudes qui viennent avec l’expérience. L’épreuve de Snapper a été tout aussi duale pour le Portugais, avec un premier Tour encourageant: un surf sur le pied avant, précis, ample, dynamique et rapide…tout au contraire du Tour 2 où l’hégémonie de son pied arrière traduisait le stress du Portugais, perdant tout rebond après ses manoeuvres, restant au dessus de sa planche…autant de signaux qui poussaient les notes des juges vers le surf backside de C.J, liant chacune de ses manoeuvres verticales avec rapidité, contrôle et panache. Tiago va retrouver plus de confort sur la vague de Bells où il a habituellement des résultats corrects et surtout plus d’affinités tant la vague ressemble à son homespot de Ribeira d’Ilhas à Ericeira.

Une série prometteuse puis Tiago perd une série largement à sa portée…Photo: ASP

ADRIAN BUCHAN

De loin le plus mauvais résultat de sa carrière à Snapper, un peu bousculé dans sa routine par une blessure, Ace n’a pas su montrer la puissance et la stabilité quasi mécanique de son surf backside. Le problème principal pour les goofy footers cette année à Snapper a un nom: Travis LOGIE. Premier gaucher à surfer la vague de dos dans le Round One, il a mis la barre très haut pour les juges et dès lors toutes les performances des autres goofy footers y ont été comparées. Les notes de Ace aurait pu (dû ?) être un peu plus hautes lors de son premier tour mais quoi qu’il en soit le local d’Avoca Beach n’a pas su se montrer aussi brillant qu’à son habitude. Opposé au rookie de Steamer Lane Nat Young au Round 2, il a souffert d’un choix de vague et d’une explosivité bien moindres. L’arrivée de nouveaux goofy sur le Tour va certainement le mettre sous pression…

DAMIEN HOBGOOD

À 34 ans, le Floridien attaque sa 14ème saison sur le Tour. Snapper ne lui réussit définitivement pas vu que c’est sa 4ème dernière place sur ses 6 dernières participations sur ce spot. En glissement dans les classements depuis quelques saisons, le vétéran n’a pas pris que 6 vagues en deux séries, montrant soit une attitude excessivement sélective (pour des résultats très moyens), soit une motivation et un surf un peu en berne, avec peu d’éclat. Quelques bonnes manoeuvres sur le Round 1 mais rien de bien excitant pour un surfeur capable aisément de l’excellence, qu’importent les conditions. Il semblerait que Damo, en bon vétéran, soit bien conscient de ses forces et faiblesses et s’assure de sa re-qualification annuelle en se préservant tranquillement pour ses étapes favorites du Tour: Tahiti, Hawaii, Fiji et tout se qui est gros et creux.

PATRICK GUDAUSKAS:

Une fois de plus un aller/retour pour l’un des surfeurs les plus malchanceux du Tour. Les séries s’enchaînent et se ressemblent pour le Californien, qui perd contre Josh Kerr – encore – dans une série très lente et aux totaux bien bas. Dommage pour Patrick qui avait montré un surf dynamique, varié et contrôlé, avec beaucoup de drive (conduite) dans ses turns. À la différence de Cardoso, Pat Gudauskas dispose d’absolument tout le répertoire de manoeuvres, de bonnes planches, d’un support familial unique et d’une passion pour le surf digne d’un grommet de 12 ans. Il a le potentiel d’un Top 15 mais manque cruellement de régularité dans ses séries, donc dans ses résultats, chose qui serait tout à fait normale pour un jeune rookie, mais qui l’est nettement moins pour un surfeur de bientôt 28 ans avec 3 saisons d’expérience sur le Tour.

Pat Gudang un petit tour et s’en va. Photo: ASP

KIEREN PERROW

Là encore, un vétéran pas vraiment fan de Snapper. Des résultats plus que moyens sur ce spot tout au long de sa carrière indiquent une certaine limite de son surf. Il a cependant surpris son monde en atteignant l’excellence sur une vague lors de son Premier Tour, preuve qu’il a encore ce qu’il faut pour gagner. Son second tour contre le jeune et sautillant Felipe Toledo était même bizarrement à sa portée, tant le choix de vague était déterminant, ce qui est son fort. Tout comme Damien Hobgood, on sait sur quelles étapes du Tour K.P mise, et avec son nouveau poste au sein de l’ASP, il est fort à parier qu’il à autre chose en tête que de marquer un rookie à la culotte.

KOLOHE ANDINO

“Brother” a été impressionnant dans la série la plus attendue de ce début de saison contre Kelly et Dane. Un surf complet, progressif mais contrôlé, un choix de vague et une variété de répertoires impeccables, il semblerait que Kolohe ait enfin réussi à mettre derrière lui tout la pression et la “rookie hype” qui le hantaient en 2012, et se présente en 2013 avec une attitude et un physique bien plus adultes. Le Californien de 19 ans n’a pas eu un draw facile car après ce périlleux premier tour, il se retrouve contre le spectaculaire rookie Sebastian “Seabass” Zietz, qui présente les mêmes qualités que lui. Très peu d’erreurs de surf, mis à part quelques blowtails-to-fakie un peu gourmands en espace et qui, sur une vague rapide comme Snapper, font vite rater les bonnes sections. Le jeune Hawaiien renvoie Kolohe étudier ses priorités et c’est une nouvelle déception pour Andino qui perd malgré un total de presque 15/20.

Un Andino libéré mais pris à la gorge par Zietz

GLEN HALL

Un début de compétition encourageant à plus de 15 points qui a du mettre en confiance l’Australo-irlandais, avec un surf appliqué et intelligent, il enchaîne, sans faire de folies, de bons turns sur la vague de Greenmount, bien plus facile à surfer pour les gauchers que ne peut l’être sa voisine Snapper. Malheureusement, son second passage contre un autre goofy rompu aux rythme des séries de WCT et à la vague bien plus compliquée de Snapper n’a fait que mettre en évidence les limites de “Micro”, qui plafonne a une petite moyenne avec un surf étriqué, stéréotypé, en profond contraste avec la construction de heat solide de Kai Otton et son surf bien plus aéré, radical et fluide. Dans la veine d’un Aritz, Glen Hall est un besogneux, il va donc sans aucun problème analyser ses erreurs et y remédier rapidement pour la suite de la saison.

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